e-democratie ?

Comment la démocratie est remplacée arbitrairement par la e-democratie et le vote électronique. De la république grossièrement démocratique à la technocratie pseudo-consultative.

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- une élection doit respecter certains principes. On ne peut pas transiger avec, quels que soient les avantages d’une nouvelle technologie. Le citoyen doit garder le contrôle du déroulement des élections. Sans cela, nous changerions de système politique : de la démocratie (le pouvoir au peuple) vers la technocratie (le pouvoir aux techniciens) – en revenant à l’étymologie de ce mot. La démocratie est un équilibre fragile, un accident dans l’histoire humaine. Ne bazardons pas des siècles de lents progrès pour un vernis de modernité.
- les machines à voter actuelles se caractérisent par leur opacité. Leur agrément est léger, et impossible à faire respecter. Et il serait naïf de les croire infaillibles à la différence de n’importe quel équipement informatique.
- pallier à leurs insuffisances est théoriquement possible, au moyen du bulletin imprimé vérifié par l’électeur et de la publication du code source, mais délicat à mettre en œuvre. A nous tous de décider ensemble si ce n’est pas appliquer le principe « Pourquoi faire simple (le scrutin “papier”) quand on peut faire compliqué ».
- les raisons avancées par les élus de “moderniser” le système électoral sont maigres.
- la rationalité économique n’est pas évidente, au vu des grandes variations dans les prévisions d’amortissement (2 à 18 élections). Automatiser un processus rare semble absurde : on sort une coûteuse machine de son placard une fois par an.
- le vote par Internet, SMS, etc… c’est à dire tout vote à distance, est déraisonnable, faute d’isoloir.
- les difficultés d’accès au vote de certains (handicapés, malades, Français de l’étranger…) doivent être étudiées sans penser a priori que la solution est électronique.
- des améliorations (moins spectaculaires…) du système électoral sont possibles, notamment dans la gestion des listes électorales.
- la confiance envers les hommes politiques ou leur possibilité d’action est déjà entamée. Il serait dangereux d’y ajouter une méfiance vis à vis de l’honnêteté des élections.
- l’abstention est un problème de fond. La technique de vote ne joue guère, voire pas du tout dans le cas des machines à voter.
- notre situation est différente de celle des USA, mais nous devrions nous inquiéter que cela ne soit dû ni à nos technologies, ni à notre législation.
- il faut se faire à l’idée que certaines technologies sont inapplicables. De vieux romans de science-fiction nous imaginaient tous nous déplacer dans des voitures volantes.

Devant ces nombreux doutes, la charge de la preuve ne devrait pas nous incomber. Aux promoteurs du vote électronique de démontrer son innocuité. Le principe de précaution doit s’appliquer également dans ce domaine. »

 

http://www.recul-democratique.org/ -2005

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